Brahms, l’humaniste

Un Requiem allemand brillant donné par Michel Piquemal avec le Chœur Régional PACA à l’Eglise Saint-Michel

Critique publiée sur Zibeline par Yves Bergé le 15 mai 2014

Le 19e Festival de Musique Sacrée de Marseille ouvrait sur une œuvre majeure : Le Requiem Allemand de Brahms, dirigé par Michel Piquemal avec le Chœur Régional PACA. Marion Grange, soprano, Jacques-Greg Belobo, baryton-basse, assuraient les parties solistes, accompagnés de deux pianistes, Philippe Reymond, Renaud Moutier, et non de l’orchestre symphonique habituel. L’engagement brillant des 2 musiciens très habités, au jeu « symphonique », nous faisait oublier, peu à peu, cette absence. Michel Piquemal est rompu à toutes les écritures polyphoniques : départs parfaits, attaques dynamiques, gestes précis ; la palette de son est immense, du bruissement d’un pianissimo à la puissance d’un fortissimo ; travail sur la prosodie soigné : accents et prononciation, magique si bémol mineur, puissant crescendo, remarquablement distillé. Les interventions de Jacques-Greg Belobo sont prenantes, intenses, avec un très beau timbre. La soprano, superbe, entonne une ligne aérienne, legato, sol majeur lumineux, soutenue par des chœurs toujours très présents. L’introït, Bienheureux ceux qui souffrent car ils seront consolés (Selig sind, die da Leid tragen, denn sie sollen getröstet werden. Matthieu,V,4), révèle plus une Messe pour la paix de l’âme que la Messe des morts du Requiem traditionnel : Seigneur, donnez-leur le repos éternel (Requiem, aeternam, dona eis). Symbole de cette Allemagne du Nord, « Ein deutsches Requiem » est ancré dans la ferveur de l’humble prière luthérienne.

YVES BERGÉ
Mai 2014

Le Requiem allemand a été donné le 7 mai dans le cadre du Festival de Musique Sacrée à l’Eglise Saint-Michel, Marseille