Chœur Paca à Avignon - les nuits de l’Avent

classiquenprovence (1er décembre 2013)

Le Chœur Paca à l’opéra du Grand Avignon (1er décembre 2013) dans les Nuits de l’Avent

Critique publiée sur le site de Classique en Provence (lien)

C’est une excellente initiative que ces Nuits de l’Avent du Grand Avignon. Pour cette 4e édition, 17 concerts gratuits en 15 lieux patrimoniaux, sur réservation préalable ; l’on se bouscule !

Ce dimanche, l’opéra du Grand Avignon voyait ses quelque 900 places prises d’assaut, dans une relative courtoisie cependant. Le silence pendant le concert, la pertinence des applaudissements, ont témoigné de la qualité de l’écoute ; à l’évidence, un public de mélomanes ; une preuve supplémentaire, si nécessaire, que c’est bien le critère économique qui freine la fréquentation - comme l’avait également montré l’affluence au concert gratuit de la Musique de l’Air il y a quelques semaines -.

Quant à la presse… j’étais seule !

Pour ce 5e concert des Nuits de l’Avent 2013, le Chœur régional PACA dirigé par Michel Piquemal a offert un concert annoncé comme « jubilatoire, émouvant, et virtuose ». Il a interprété le Te Deum de Dvorak, cantate enjouée pour 2 voix (soprano, baryton), chœur et orchestre, écrite à l’occasion des 400 ans de la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb (1892) : sur scène, les quelque quatre-vingts choristes du Grand Chœur Paca, dans ses deux composantes, le Vocal Provence – habituellement dirigé par Daria Kucevalova, malade ce dimanche - et le Vocal Côte d’Azur - habituellement placé sous la baguette de Nicole Blanchi, ici en choriste - . Puis les Litanies à la Vierge Noire de Rocamadour, émouvantes et simples, composées par Francis Poulenc en une semaine seulement - chœur féminin - . Enfin le Gloria du même Poulenc (1959), dont le compositeur était particulièrement fier : « Il n’y a pas une note à changer », se réjouissait-il. Aux côtés du Chœur Provence-Alpes-Côte-d’Azur, Philippe Reymond au piano et deux jeunes solistes coréens du Cnipal, promotion 2013-2014, Je Ni Kim soprano et Jiwon Song baryton.

La réussite du concert malgré la difficulté du programme reposait sur l’engagement et le talent de chacun : la roborative cohésion du chœur, la ferme souplesse de la direction, la sensibilité du piano, et la fraîcheur des deux jeunes solistes : la voix de Je Ni Kim a une limpidité juvénile qui ne demande qu’à s’étoffer, et Jiwon Song flirte avec la tessiture de basse - encore loin de Sarastro tout de même !- arrondie de la chaleur du baryton.

Trois bis ont remercié le public de son chaleureux accueil : le Cantique de Racine, belle œuvre de jeunesse de Gabriel Fauré - Michel Piquemal, très détendu, a incité le public à chanter aussi, mais c’eut été dommage -, puis deux chœurs argentins ensoleillés.

Quelle belle marche vers Noël, en ce 1er dimanche de l’Avent !

G.ad.