Michel Piquemal : "La musique, c’est un circuit entre les êtres"

Article paru dans La Provence le 3 mai 2014

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La Provence (3 mai 2014) - Requiem Allemand 7 mai Marseille

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Michel Piquemal dirige, mercredi 7 mai, Un requiem allemand de Johannes Brahms. Le chœur régional Provence-Alpes-Côte d’Azur qu’il dirige fait l’ouverture du XIXe festival de musique sacrée qui se tient jusqu’au 5 juin en l’église Saint Michel.

Vous dirigez le chœur régional Paca depuis 1987, comment jugez-vous son évolution ?
C’est un ensemble de 100 chanteurs, nous avons 6 programmes par an. Nous essayons de recruter des personnes passionnées qui découvrent le plaisir de jouer ensemble. Les plus grands compositeurs ont écrit pour le chœur, il y a donc à disposition un répertoire très riche, de toutes les époques. C’est fantastique, cela nous permet de nous consacrer à des œuvres merveilleuses.

Comme ce Requiem allemand de Brahms ?
Oui, c’est une chance de pouvoir aborder une telle pièce, dans sa version originale. Cela participe à cette ouverture.

Vos projets sont éclectiques comme cette soirée Seigneur des Anneaux à laquelle vous participez à Monaco les 28 et 29 juin...
Oui, le fil ; sera diffusé en direct. Ça va être une belle aventure, qui demande une grande précision car la musique doit coller aux images...

Comment définiriez-vous votre patte de directeur de chœur ?
J’essaie d’être inventif, d’intéresser les choristes pour que la musique ait toujours quelque chose à raconter. Je leur fais penser à des images, à un vécu pour que la musique ne soit pas froide mais attachée à la vie. C’est dans cet esprit que je travaille, dans des liens avec les sentiments.

Et pour ce Requiem allemand ?
Ce n’est pas une œuvre liturgique mais philosophique qui aborde ce grand mystère de la vie qu’est la mort. Brahms a mis tellement dans son invention qu’il n’y a plus qu’à se laisser prendre par la main, porter par la richesse harmonique. Je suis respectueux de cela, les choses sont assez simples. On peut dire que c’est un romantique, mais ce qui m’intéresse plus c’est de savoir comment moi j’évolue dans cette musique, comment j’ai envie de la partager avec les choristes pour qu’ils la communiquent au public. C’est un circuit entre les êtres, une question de fil conducteur d’émotions entre chacun...

Et pour une pièce qui tourne autour de la mort...
Tous les compositeurs ont écrit sur la mort. C’est un moment de réflexion, par exemple on dit du Requiem de Fauré qu’il porte un grand message de paix. Comment ne pas y être sensible.

Quelle œuvre aimeriez-vous aborder ensuite ?
Chaque fois, je me donne complètement, je suis investi dans la partition. Puis cette année nous avons abordé énormément de choses, nous allons essayer de les faire vivre. Il y a trop d’énergie en jeu pour ne donner les concerts qu’une seule fois. Nous sommes aussi à disposition des plus grands orchestres de la région.

Que pensez-vous de retrouver l’église Saint Michel pour ce festival ?
C’est devenu un haut lieu de la musique sacrée pour les mélomanes qui aiment ce répertoire. Il faut y avoir la chance d’avoir beaucoup de monde, cela facilite les choses avec l’acoustique. C’est l’idéal pour ces œuvres écrites pour être jouées dans des églises, pas des gymnases, elles retrouvent leur écrin.

Gwenola GABELLEC